Let me feel. I don't care if I break down (soit disant)

Let me feel. I don't care if I break down (soit disant)
La soudaine audace dont Catherine avait fait preuve en faisant face à l'étrange poète se répandait en elle comme une doucereuse adrénaline. Encore impossible de se sentir intimidée devant la présence inconnue devant elle : ce sourire qui lui adoucissait le visage était le sien, sans aucun doute. Elle devait s'y faire. Aux abords surfaits, l'homme semblait franc et direct, puisqu'il fallait être aveugle pour ne pas percevoir l'intérêt détaché avec lequel il la regardait. Même si leur conversation venait à peine de commencer, Catherine prenait ses marques, balisait ses empreintes de son regard sûr de lui, avec l'aisance quotidienne de ceux qui ont l'habitude de parler prosodie, avec la fébrile excitation de ceux qui expérimentent enfin. La véracité de leur conversation était palpable, et ce n'était que dans un temps de lucidité complète que Catherine le sentait, loin de toute la satisfaction qui l'étreignait dès l'instant précédent. Peut-être que cela avait été calculé- personne ne pouvait envisager une prénom aussi atypique, après tout- mais Catherine se rappela qu'il n'avait fait aucune référence à son identité. Elle chassa l'impétueuse curiosité qui la prenait et s'attarda encore sur cette forte mâchoire, sur ces yeux d'un bleu d'encre, sur cette carrure si adolescente et qui, pourtant, semblait avoir vécu cent ans d'âge. Une impression éphémère se dégageait de cet homme, qui semblait prêt à disparaître au moindre manquement, au moindre détour de ses yeux. Elle le fixait. Silencieuse.


Fioritures.
Conscience acide.
Souvenirs crucifiants.
Je comprends pas.

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# Posté le mardi 10 novembre 2009 15:47

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Quelque chose en toi.

Elle meurt d'espoir.
Cette putain de gamine meurt d'espoir.
C'est pas fini.

# Posté le samedi 10 octobre 2009 07:19

Modifié le dimanche 25 octobre 2009 08:28

Katherine Pancol - Les hommes cruels ne courent pas les rues.

Katherine Pancol - Les hommes cruels ne courent pas les rues.
« Mais moi je trompe mon monde : je ne me travestis pas. Je garde toujours les mêmes apparences pour la crétine, la guimauve, la démone, la petite fille ou l'assassine. C'est toujours la même bouche qui parle. Les mêmes jambes qui s'ouvrent ou se ferment. La même voix qui supplie ou commande. Les mêmes mains qui caressent ou poignardent. Aux autres de s'y retrouver.
Moi je m'y perds.
Où elle est passée, la vraie?
De temps en temps, elle apparaît. Quand je ne m'y attends pas. Elle pousse la porte, dit « Hello », s'assied en tailleur en face de moi. On se retrouve nez à nez. Et je la reconnais. Le bonheur me saisit à la gorge. Je suis la reine du monde. Personne ne peut me piquer mon trône, mes cailloux, mon sceptre d'Ottokar. D'ailleurs, je n'ai besoin de personne quand je lui mets la main dessus. J'ai l'éternité pour moi. J'existe. Je remplis la pièce. J'éprouve la sensation étrange d'adhérer à moi-même. Aux milliers de petits détails qui font que je suis moi. Unique au monde. Un petit bijou ciselé d'or fin, de pierres véritables. Je n'ai pas besoin du regard des autres. J'ai la conviction d'exister. Chaque chose est à sa place. Je sais exactement où je suis. Qui je suis. Pourquoi je suis là. Où je vais.
J'ai tout mon temps. »


Quand est-ce qu'on aura conscience de ça, nous?
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# Posté le dimanche 04 octobre 2009 09:11

On s'aime, on se jalouse, on se hait. Sale cercle vicieux (ou pas).

Eux aussi.
On s'aime, on se jalouse, on se hait.  Sale cercle vicieux (ou pas).
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# Posté le dimanche 04 octobre 2009 07:12

Modifié le dimanche 04 octobre 2009 07:24

Sale niaise.

Sale niaise.
L'enfant faisait une fixation sur les fourchettes et les couteaux. Ca semblait inné, chez elle, cette manière d'attraper l'aliment et de le glisser dans sa bouche. Elle aurait aimé avoir du talent pour autre chose, en fait. Elle aurait aimé sortir de l'ordinaire et qu'en pointant leur doigt sur elle, les gens diraient "c'est elle". Elle voulait distancer tous ces mensonges, les appauvrir. Tel un rien. Et dans sa passion, y avait un trop plein de féroce, quelque chose de haineux qu'on ressentait dans ces regards lancés à mi-mots, de trop peu amical. "Il t'est arrivé quoi, qu'ils murmuraient tous?". La petite n'avait pas réalisé, avait longtemps demeuré dans cet instant de flottement. Elle se trouvait toujours à part, quand ils lui disaient de mettre la table.

Un putain d'instant de flottement.
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« Je suis cet être qui s'est tué à aimer dans le vide.
Je suis ce petit garçon à qui on a bercé une vie de mensonges.
Je suis ce gamin trop vite grandi par une réalité affrontée en face.

Juste mon pire ennemi. »


« Je commençais à grandir, à partir de douze ans. Être grand. Andrei est grand. Je sais pas, je m'en fous. Je m'en fous, je dis plus rien. Elle s'est trahie, Julia. J'étais seul au monde. Juste à cause d'un stupide mensonge. Ma vie n'est pas un drame. Ma vie est basée sur des faux-semblants et des mensonges. Ma vie est vide. Je suis con. Elle m'a rendu con. J'ai envie de rien.
Fait chier.

Mon année de sixième fut trop simple ; fatalement ennuyante. Il n'y avait pas trop à réfléchir, pas trop à raisonner, juste faire ce qu'on nous demandait. Aucune matière n'était intéressante, et la seule chose qui me captivait un tant soit peu était l'italien : l'anglais était rébarbatif, puisqu'il n'y avait qu'à apprendre, encore et toujours. Les sciences me passaient par dessus la tête, le sport m'exaspérait. Les gens sont cons.
Beaucoup ont le sourire de ma mère qui me dit « rassure-toi, ne t'en fais pas, tout va bien ». Ce sourire que je déteste tant. Ce sourire que ma mère me sert sur un plateau d'argent, avec des gâteaux. Ce sourire qu'elle m'offre comme si on s'offrait à un homme, avec abandon. Ce sourire qu'elle a l'air d'avoir appris à l'usine.
Ce sourire que je déteste.

Ce sourire qui me dit de ne pas réfléchir.
Je fais exactement le contraire. »



Ces adolescents désillusionnés.
Ils font tous genre.
(et moi aussi)

# Posté le dimanche 19 juillet 2009 17:25

Modifié le dimanche 04 octobre 2009 07:02